Une maison se parcourt des dizaines de fois par jour. Avec l’âge, certains trajets deviennent plus fatigants : monter à l’étage, entrer dans la baignoire, attraper une casserole en hauteur. La bonne nouvelle, c’est qu’une partie des solutions est simple et peu coûteuse.
Cette check-list suit l’ordre d’une visite, de la porte d’entrée au jardin. Pour chaque pièce, elle liste les points à regarder. Quand un sujet demande plus de détails, elle renvoie vers la page qui le traite.
Comment utiliser cette check-list ?
Faites le tour de la maison, idéalement avec la personne qui y vit. Si vous êtes le proche aidant, demandez-lui ce qui la gêne au quotidien : c’est souvent plus parlant qu’une inspection.
Pour chaque point, trois réponses possibles :
- ça va : rien à faire ;
- à corriger soi-même : ranger, fixer, changer une ampoule ;
- à confier à un professionnel : travaux, équipement, devis.
Si la liste des travaux s’allonge, une visite d’ergothérapeute aide à fixer les priorités. Il évalue les gestes de la personne dans son logement et conseille des aménagements ou des aides techniques. Notre guide sur la visite d’un ergothérapeute à domicile explique comment l’obtenir.
L’entrée et les accès : peut-on entrer et sortir facilement ?
- Le chemin jusqu’à la porte est-il éclairé le soir ?
- Y a-t-il une ou plusieurs marches devant la porte ? Une main courante ou une rampe d’accès peut aider.
- Le seuil de porte est-il haut ? Il accroche parfois le pied ou la roue d’un déambulateur.
- Peut-on s’asseoir près de l’entrée pour mettre ses chaussures ?
- La serrure et la sonnette sont-elles faciles à utiliser ?
La pose d’une rampe d’accès fait partie des aménagements cités par le portail national pour les personnes âgées.
L’escalier : l’étage reste-t-il accessible ?
L’escalier est souvent le premier sujet d’inquiétude. Avant de penser équipement, vérifiez les bases :
- une main courante, idéalement des deux côtés ;
- un éclairage allumable en bas et en haut ;
- le bord des marches signalé par une bande de couleur claire, comme le conseille l’Assurance maladie ;
- des nez de marche antidérapants ;
- aucun objet posé sur les marches.
Si monter devient pénible, deux options existent : vivre de plain-pied au rez-de-chaussée, ou installer un équipement. Le monte-escalier permet de continuer à utiliser l’étage assis. Pour un fauteuil roulant, comparez avec la plateforme élévatrice. Pour quelques marches dehors, voyez le monte-escalier extérieur.
Le séjour : peut-on circuler sans obstacle ?
- Les passages entre les meubles sont-ils assez larges, y compris avec une canne ?
- Les tapis ont-ils des bords relevés ? Fixez-les au sol ou retirez-les.
- Les câbles de télévision et de lampes traversent-ils le passage ? Fixez-les au mur ou utilisez des range-fils.
- Le fauteuil habituel est-il assez haut et muni d’accoudoirs pour se relever ?
- Les interrupteurs sont-ils accessibles dès l’entrée de la pièce ?
Côté lumière, le portail national conseille de multiplier les sources, en associant un éclairage général et des lampes plus ponctuelles, par exemple près du fauteuil de lecture.
La cuisine : tout est-il à bonne hauteur ?
- Les objets du quotidien sont-ils rangés entre la hauteur des hanches et celle des épaules ?
- Faut-il un escabeau pour atteindre un placard ? Si oui, descendez ce qu’il contient.
- Le plan de travail est-il bien éclairé ? Des spots ou des réglettes LED sous les meubles hauts sont une solution citée par le portail national.
- Le sol reste-t-il glissant quand il est mouillé ?
- Peut-on s’asseoir pour préparer un repas ?
L’Assurance maladie résume la règle en une phrase : ranger ses affaires à portée de main évite de prendre des risques inutiles.
La chambre : se lever la nuit est-il simple ?
- Le lit est-il à une hauteur qui permet de s’asseoir et de se relever sans effort ? Il peut être rehaussé avec des pieds ou des cales adaptés.
- Une lampe est-elle accessible depuis le lit, sans se lever ?
- Le trajet vers les toilettes est-il éclairé la nuit ? Un chemin lumineux, peu intense mais qui fait ressortir les obstacles, répond à ce besoin.
- La descente de lit glisse-t-elle ?
- Le téléphone est-il à portée de main depuis le lit ?
Si la chambre est à l’étage et que l’escalier devient difficile, déplacer la chambre au rez-de-chaussée est parfois la solution la plus simple. Elle suppose d’avoir des toilettes et un point d’eau au même niveau.
La salle de bain et les toilettes : peut-on se laver seul ?
C’est la pièce des gestes délicats : enjamber, se baisser, se relever sur un sol mouillé. Les points à vérifier :
- faut-il enjamber le rebord de la baignoire pour se laver ?
- le sol et le fond de la baignoire ou de la douche sont-ils antidérapants ?
- y a-t-il des barres d’appui là où l’on se tient ?
- peut-on s’asseoir pour se doucher ?
- la cuvette des toilettes est-elle assez haute ?
Nous avons consacré un guide complet à l’aménagement de la salle de bain d’une personne âgée. Pour choisir entre les deux équipements les plus demandés, lisez douche sénior ou baignoire à porte. Pour le placement des barres, voyez notre guide sur les barres d’appui.
Le jardin et l’extérieur : le terrain reste-t-il praticable ?
- Les allées sont-elles planes, sans dalle qui bouge ni racine qui dépasse ?
- Les marches extérieures ont-elles une main courante ?
- L’éclairage extérieur s’allume-t-il seul, par exemple avec un détecteur de présence ?
- La boîte aux lettres et les poubelles sont-elles faciles d’accès ?
- Les mousses rendent-elles les terrasses glissantes en hiver ?
Un portail motorisé ou des volets roulants motorisés évitent aussi des efforts répétés. Le portail national cite les volets roulants motorisés parmi les aménagements possibles.
Quels aménagements faire soi-même, et lesquels confier à un pro ?
Beaucoup de points de cette liste se règlent en un après-midi : déplacer un meuble, fixer un tapis, changer une ampoule, ranger autrement. Ils ne coûtent presque rien.
D’autres demandent un professionnel : douche de plain-pied, monte-escalier, rampe d’accès, barres d’appui fixées dans un mur porteur. Pour ces travaux :
- demandez plusieurs devis et comparez-les ligne à ligne, avec l’aide de notre guide pour comprendre un devis d’adaptation ;
- méfiez-vous du démarchage à domicile et des offres « gratuites », comme l’explique notre guide pour choisir un installateur et éviter les arnaques ;
- si vous visez une aide, ne signez rien et ne commencez pas les travaux avant le dépôt du dossier.
Pour aller plus loin sur la sécurité au quotidien, notre guide sur la prévention des chutes à domicile détaille l’éclairage, les sols et le chaussage.
Qui aide à financer ces aménagements ?
Plusieurs dispositifs peuvent prendre en charge une partie des travaux, selon l’âge, l’autonomie et les ressources : MaPrimeAdapt’, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou les caisses de retraite. Les montants et les démarches sont sur notre page aides pour adapter son logement.
Quand votre liste est prête, vous pouvez comparer les devis d’installateurs de votre secteur : la demande est gratuite et sans engagement.
